On entend souvent autour de nous le terme de « psychologie positive », surtout ces dernières années.
Et bien que cela soit assez récent – la psychologie positive a été créée en 1998-, on peut utiliser ce terme à tort et à travers.
Si jamais vous vous demandez ce que c’est, si jamais vous n’êtes pas sûr, si jamais vous vous trompiez, vous êtes alors sur L’ARTICLE qu’il vous faut.
Car il y a quelques idées fausses courantes au sujet de cette psychologie, à la fois sur ce qu’elle est, mais aussi sur ce qu’elle n’est pas.
Afin de dissiper tous ces malentendus, et donner un bref aperçu mais complet sur ce domaine, je vais essayer de vous rédiger une définition et une description des plus fidèles du mouvement de la psychologie positive.
Préparez-vous, la lecture peut être longue !
Crédit : Pixabay / Avi_acl
La définition de la psychologie positive
La psychologie positive a été décrite de nombreuses manières et avec beaucoup de mots, mais la définition communément acceptée est celle donnée par Christopher Peterson (1950 – 2012), professeur en psychologie à l’University of Michigan :
« La psychologie positive est l’étude scientifique de ce qui fait que la vie vaut le plus la peine d’être vécue ».
Peterson était un ami et collègue de Martin Seligman, l’un des principaux fondateurs du mouvement qu’est la psychologie positive, mais nous y reviendrons plus tard dans l’article.
Afin de pousser un peu plus cette rapide description, la psychologie positive est une approche scientifique de l’étude des pensées, des sentiments et du comportement humain, mettant l’accent sur les forces plutôt que les faiblesses, sur l’amélioration de la qualité de vie plutôt que sur la réparation du mal, et sur l’amélioration de la vie des gens en général.
Sur quoi la psychologie positive met-elle l’accent ?
Comme nous venons de l’expliquer, la psychologie positive se concentre sur les événements positifs et les influences dans la vie, y compris :
-Les expériences positives (comme le bonheur, la joie, l’inspiration et l’amour),
-Des états et traits positifs (comme la gratitude, la résilience et la compassion),
-Des institutions positives (application de principes positifs au sein d’organisations et d’instituions).
La psychologie positive passe une grande partie de son temps à penser à des sujets comme les forces de caractère, l’optimisme, la satisfaction de vivre, le bonheur, le bien-être, la gratitude, la compassion (pour les autres ou soi-même), l’estime de soi et la confiance en soi, l’espoir et enfin l’élévation.
Ces sujets sont étudiés afin d’apprendre comment aider les gens à s’épanouir et à vivre leur vie au mieux, de la manière la plus agréable et positive possible.
Le fondateur de la psychologie positive : Martin Seligman
Martin Seligman est un chercheur possédant une vaste expérience en psychologie.
Les recherches de ce professeur entre 1960 et 1970 ont jeté les bases de la théorie psychologique de « l’impuissance acquise ».
Cette théorie, étayée par des décennies de recherches, explique comment les humains et animaux peuvent apprendre à devenir impuissants et à sentir qu’ils ont perdu le contrôle de ce qui leur arrive.
Et Seligman a établi un lien entre ce phénomène de dépression, notant que de nombreuses personnes souffrant de dépression se sentent également impuissantes.
Ses travaux sur le sujet on été une source d’inspiration, d’idées et de preuves pour appuyer de nombreux traitements de symptômes dépressifs, ainsi que des stratégies de prévention de la dépression.
Et bien que cela soit déjà assez impressionnant de sa part il faut le reconnaitre, Seligman savait qu’il avait encore plus à offrir à la psychologie et au monde en général -en particulier, plus de travail sur le positif, l’édifiant et l’inspirant.
Après s’être fait un nom grâce à son « impuissance acquise », il s’est tourné vers d’autres traits, caractéristiques et perspectives qu’on pouvait apprendre.
Et c’est dans la résilience et l’optimisme qu’il a trouvé ce qu’il recherchait, en étudiant cela, les résultats trouvés sont devenus le fondement des programmes qu’il proposait alors à des enfants ou des membres des forces de l’ordre, entre autres.
Seligman soulignait un problème : il s’est senti frustré par l’attention un peu trop appuyée que la psychologie accordait aux aspects négatifs, trop d’attention était accordée aux maladies mentales, aux traumatismes, à la souffrance et la douleur, et remarqua alors le peu d’attention qui était accordée au bonheur, au bien-être, au caractère exceptionnel, aux forces des patients, et a sa prospérité.
Lorsqu’il fut élu président de l’American Psychological Association en 1998, il a sauté sur l’occasion de modifier l’orientation du domaine de la psychologie.
Il proposa alors une sorte de nouveau « sous-domaine » de la psychologie, en mettant l’accent sur ce que peut nous apporter la vie, plutôt que sur ce en quoi elle peut nous épuiser.
Son œuvre « Vivre la psychologie positive » a été publiée en 2000.
Et depuis 2000, des milliers de chercheurs dans le monde entier ont répondu à l’appel de Seligman, en faveur d’une plus grande concentration sur le positif de la vie, provoquant alors de nombreuses études sur les phénomènes positifs et établissant une base pour l’application des principes positifs dans l’enseignement, dans les relations, sur nos lieux de travail et dans tout autre domaine de la vie.
Crédit : Google / Martin Seligman
Mais comment est née la psychologie positive exactement ?
Il faut commencer par le début, certes nous savons désormais qui est son fondateur, et quand est ce que ce mouvement a vraiment commencer à se démocratiser, mais comment en est-on arrivé là ?
La question « qu’est-ce qui ne va pas chez les gens » a guidé la pensée de nombreux chercheurs et médecins, et a dominé d’innombrables études scientifiques au cours du XXe siècle.
Il est en même temps difficile de nier qu’il s’agit là d’une question importante.
En tentant de répondre à cette question, nous avons acquis une meilleure compréhension de nombreuses maladies, et mis au point des traitements efficaces pour un large éventail de problèmes.
Mais voici le problème : comme conséquence inévitable de notre concentration sur les aspects négatifs du bien-être et de la santé, tels que la détresse ou la maladie, nous avons développé une attention presque exclusive à la pathologie.
Nous pensons que la science s’est concentrée de façon disproportionnée sur la pathologie et la réparation, et qu’elle a consacré relativement peu ou pas d’attentions aux facteurs qui « rendent la vie digne d’être vécue ».
Mais arriva ensuite l’aube du XXIe siècle, nous commençons enfin à nous poser la question inverse : « qu’est-ce qu’il y a de bien chez les gens ? »
Et cette question est le cœur de la psychologie positive, qui est l’approche scientifique et appliquée pour découvrir les forces des gens et promouvoir leur fonctionnement positif.
Au cours de ces 14 dernières années, le nombre d’études scientifiques sur la psychologie positive a énormément augmenté. De plus, beaucoup d’interventions ont été développées pour améliorer le bien-être des gens.
Théorie et concepts
La chose la plus importante à comprendre au sujet de la psychologie positive, est qu’il s’agit bien d’une science.
C’est un sous-domaine de la psychologie certes, mais une psychologie quand même, bien trop souvent dénigrée et ridiculisée comme étant une « science douce » ou pire : une « pseudoscience », car celle-ci est toujours basée sur la méthode scientifique d’évaluation des théories basées sur les faits.
16 avantages de la psychologie positive
La pléthore de projets et d’articles sur des sujets positifs a fourni un énorme réservoir de connaissances sur la façon de nous encourager et d’encourager ceux qui nous entourent à vivre la meilleure vie possible.
Il serait d’ailleurs impossible d’énumérer tous les avantages de la psychologie positive, mais nous tenterons de vous donner un aperçu le plus complet possible de certains des résultats les plus importants et les plus influents de la pratique de psychologie positive.
En général, le plus grand avantage potentiel de la psychologie positive est qu’elle nous enseigne le pouvoir de changer de perspective.
C’est ici l’objet de nombreuses techniques, d’exercices et même de programmes entiers fondés sur la psychologie positive, car un changement relativement minime dans la perspective d’une personne peut mener à des changements stupéfiants dans le bien-être et la qualité de vie.
Injecter un peu plus d’optimisme et de gratitude dans notre vie est une action relativement simple, pouvant alors nous donner une vision radicalement plus positive de la vie.
Attention tout de même : la psychologie positive n’a pas été établie pour remplacer la psychologie dite traditionnelle, mais plutôt pour la compléter, par un biais positif.
Études et recherches
La psychologie positive enseigne comment exploiter le pouvoir du changement de perspective afin de maximiser le potentiel de bonheur dans plusieurs de nos comportements quotidiens.
Par exemple, chacun de ces résultats nous donne une idée concrète pour améliorer notre propre qualité de vie.
1-Les gens surestiment beaucoup l’impact de l’argent sur leur bonheur par exemple.
Certes, elle a une certaine influence, pas autant que l’on pourrait le croire, alors le fait de se concentrer un peu moins sur l’atteinte de la richesse nous rendra probablement plus heureux.
2-Dépenser de l’argent pour des expériences procure un plus grand élan de bonheur que de dépenser de l’argent pour des biens matériels, vous ne croyez pas ?
3-La gratitude contribue grandement au bonheur dans la vie, ce qui suggère que plus nous agissons en appliquant celle-ci, plus nous serons heureux.
4-L’ocytocine -que l’on appelle aussi « l’hormone de l’amour »- peut provoquer plus de confiance, d’empathie et une certaine moralité chez les humains, ce qui signifie que le fait de faire des câlins par exemple, ou d’autres marques d’affection physique peut nous donner un grand élan de bien-être général.
5-Ceux qui essayant de cultiver intentionnellement une humeur positive pour correspondre à l’émotion extérieure dont ils ont besoin de faire preuve (c’est-à-dire dans leur travail émotionnel) bénéficient d’une expérience plus authentique de l’humeur positive. En d’autres termes, avoir un visage souriant ne vous rendra pas forcément plus heureux, mais le fera probablement un minimum. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir d’un sourire. Et comme je dis souvent : « le sourire, c’est le début d’un rire ».
6-Le bonheur justement, est contagieux, mais pour une fois il s’agit d’une bonne contagion. Celles et ceux ayant des amis heureux et épanouis sont plus susceptibles de l’être aussi à leur tour à l’avenir. Cela nous aide à aller de l’avant. Il est certain que si tout notre entourage fait la tête, ça n’aide pas vraiment.
7-Les personnes accomplissant des actes de gentillesse envers les autres obtiennent non seulement une amélioration de leur bien-être, mais elles sont aussi mieux acceptées par leurs pairs.
8-Faire du bénévolat pour une cause en laquelle vous croyez améliore votre bien-être, et cette satisfaction peut même réduire les symptômes de potentielle dépression.
9-Le fait de dépenser de l’argent pour d’autres personnes peut procurer un grand bonheur au donateur.
La psychologie positive se prête également à l’amélioration du milieu du travail :
10-Les émotions positives stimulent notre rendement au travail.
11-Les émotions positives dans notre milieu de travail sont aussi contagieuses, ce qui signifie qu’une personne ou un esprit d’équipe positif peut avoir un effet « boule de neige » entrainant alors les collègues dans un meilleur état mental, et les rendant plus efficaces.
12-De petits gestes simples peuvent avoir un grand impact sur notre bonheur, signifiant alors qu’il ne faut pas grand-chose pour encourage notre milieu de travail à devenir un endroit plus heureux et positif.
L’un des avantages de la pratique d’un attitude psychologique positive est, pour le dire grosso modo : le succès !
Non seulement le succès nous rend plus heureux, mais le fait de nous sentir heureux et de vivre des émotions positives augmente nos chances de succès, un peu comme un cercle vertueux en somme.
Cependant, gardez à l’esprit que ce n’est pas forcément en refusant de tolérer l’empiétement d’émotions négatives ou de points de vue négatifs, que vous atteindrez le succès.
Une conclusion importante de la recherche en psychologie positive est que forcer des personnes qui ne sont pas naturellement optimistes à « penser positivement » peut faire plus de mal que de bien, l’optimisme irréaliste est nuisible, de même que le pessimisme intense.
Un autre grand avantage de ce mouvement est une idée plus précise de ce qu’est la « belle vie » :
Roy F. Baumeister, « psychologue positif » de renom, et ses collègues, ont relevé le défi de déterminer ce qui fait une belle vie, et ils ont trouvé des résultats intéressants que vous pourriez appliquer à votre propre vie.
Leur recherche a montré que le bonheur et le sens de la vie ne vont pas nécessairement de pair, ce qui indique que se concentrer uniquement sur les émotions positives n’apportera pas forcément la vie satisfaisante et épanouissante dont nous avons envie.
Voici quelques-unes de leurs constations les plus précises à ce sujet :
13-La satisfaction de nos désirs et de nos besoins stimulent le bonheur, mais n’a pratiquement aucun impact sur sa signification. Cela indique que le fait de se concentrer sur l’obtention de ce que l’on veut augmente notre bonheur, mais qu’il faudra peut-être le compléter d’une manière ou d’un autre afin d’y trouver un sens plus profond.
14-Le bonheur est axé sur le présent, enraciné dans le moment présent, tandis que le sens est davantage axé sur le passé et l’avenir et sur la façon dont ils sont liés au présent. Ce résultat suggère que nous ne pouvons nous concentrer sur le présent pour augmenter notre bonheur, mais que nous pourrions envisager de penser davantage à notre passé et notre avenir pour y trouver un sens.
15-Si jamais vous ne trouvez pas de sens à tout ceci, essayez de (re)donner aux autres, vous finirez par trouver un sens à tout ceci. Mais si jamais vous ressentez un manque de bonheur, essayez d’accepter celui des autres et leur générosité, cela vous redonnera un petit coup de pouce.
16-L’inquiétude, le stress et l’anxiété sont plus susceptibles d’être ressentis par ceux dont la vie est riche de sens et pauvre en bonheur : cela indique que vous ne devriez pas trop vous décourager à l’idée de vivre des émotions négatives. Car malgré tout, une petite émotion négative peut réellement être une bonne chose ! Comme le yin et le yang : il faut un équilibre.
De telles constatations ont données lieu à un certain nombre de théories intéressantes qui sont à l’origine de la littérature sur la psychologie positive, et elles sont guidées par celles-ci.
Objectifs de la psychologie positive en coaching
Oui, il est possible d’avoir son coach de psychologie positive !
Afin de nous aider de manière plus efficace à être bien avec nous-même.
Mais l’application de la psychologie positive au coaching peut s’avérer être délicate, mais elle est entreprise avec les meilleures intentions et dans le souci des autres, à l’écoute.
En général, les objectifs de la psychologie positive dans le coaching sont les suivants :
-Afin d’avoir un impact positif sur la vie de la personne coachée, cet objectif est au-dessus de tous les autres, et tous les autres objectifs y contribuent, même de manière indirecte. L’objectif principal du coaching est simplement d’améliorer la vie du client,
-Augmenter l’expérience d’émotions positives,
-Aider à identifier et à développer les forces et talents,
-Améliorer la capacité à se fixer des objectifs et à les atteindre,
-Instaurer un sentiment d’espoir dans la perspective de la personne coachée,
-Cultiver un sentiment de gratitude,
-Aider à établir et maintenir des relations saines et positives avec les autres,
-Encourager à maintenir une perspective optimiste,
-Aider à apprendre à savourer chaque moment positif.
Vous comprenez ainsi plus facilement en quoi le premier objectif est le plus important de tous, car il englobe finalement tous les autres. Mais il faut procéder étape par étape pour atteindre cette finalité.
Le modèle PERMA
Qu’est-ce que le modèle PERMA ?
Il s’agit ici d’un modèle largement reconnu et influent en psychologie positive.
Seligman a proposé ce modèle pour aider à expliquer et à définir plus en profondeur le bien-être.
PERMA est l’acronyme de 5 facettes du bien-être selon Seligman :
P- Positive emotions :
Même si la recherche d’émotions positives seules n’est pas un moyen très efficace d’améliorer notre bien-être, l’expérience d’émotions positives est toujours un facteur important. Une partie du bien-être consiste à s’amuser dans le moment présent, c’est-à-dire vivre des émotions positives.
E- Engagement :
Avoir un sens de l’engagement, dans lequel nous pouvons perdre la notion du temps et devenir complètement absorbés dans quelque chose que nous aimons et excellons, est un élément important du bien-être. Il est difficile d’avoir un sentiment de bien-être développé si vous n’êtes pas vraiment engagé dans quelque chose que vous faites.
R- (Positive) Relationships :
Les humains sont des créatures sociales par nature, et nous comptons sur les liens avec les autres pour évoluer et nous épanouir. Avoir des relations profondes et significatives avec les autres est vital pour notre bien-être.
M- Meaning :
Meaning, pour « signification » en français.
Même une personne heureuse la plupart du temps, peut ne pas avoir un sentiment de bien-être développé si celle-ci ne trouve pas de sens à sa vie.
Lorsque nous nous consacrons à une cause ou que nous reconnaissons quelque chose de plus grand que nous-mêmes, nous ressentons un sens pour lequel il n’y a tout simplement aucun substitut.
A- Accomplishment/Achievement :
L’accomplissement, la réalisation. Nous prospérons tous lorsque nous réussissons, lorsque nous atteignons nos objectifs et lorsque nous nous améliorons.
Sans une volonté d’accomplir et de réaliser des choses, il nous manque une des pièces importantes du puzzle du bien-être.
Ce modèle nous fournit un cadre relativement complet pour comprendre le bien-être.
Si vous cherchez à améliorer votre propre sentiment de bonheur et de bien-être, tout ce que vous avez à faire est de vous concentrer sur :
-L’expérimentation des émotions positives, faire plus de choses qui vous rendent heureux, et apporter du plaisir dans votre routine quotidienne,
-L’amélioration de votre engagement, poursuivre les passe-temps qui vous intéressent, développer vos compétences et chercher un emploi plus adapté à vos besoins, vos passions et vos attentes si nécessaire,
Par exemple moi, j’aime bien vous écrire des articles !
-L’amélioration de la qualité -voire la quantité, mais la quantité ne fait pas toujours la qualité, c’est bien connu- de vos relations avec les autres. Travaillez à établir des relations plus positives avec vos amis et votre famille, vos proches en général,
-La recherche du sens de tout ceci. Si vous ne trouvez aucun sens qui compte vraiment pour vous dans votre travail, recherchez-en un dans le bénévolat, dans vos passe-temps ou des activités sportives,
-La concentration, sur l’atteinte de vos objectifs. Mais essayez de garder un équilibre entre ambition et besoin ! Il ne faut pas non plus vous forcer, et essayez de vous fixer des choses trop difficiles à atteindre.
Ces aspects du modèle PERMA sont mesurables et essentiels pour un sentiment général de bien-être.
Bien sûr, les émotions positives sont importantes, mais se concentrer uniquement là-dessus ne vous aidera pas à développer tout cela.
Rappelons que parfois, des sentiments négatifs peuvent avoir des côtés positifs énormes. De toute manière, tout ne peut pas être tout blanc ou tout noir, la vie est ainsi faite, n’est-ce-pas ?
Le bonheur seul ne vous propulsera probablement pas vers l’épanouissement, mais le bien-être lui, le fera.
Crédit : Google / Le modèle PERMA
L’épanouissement, qu’est-ce que c’est ?
Nous parlons souvent d’épanouissement, que cela soit dans cet article ou dans la vie de tous les jours, mais comment vraiment définir ce que c’est ?
Comprendre ce concept est essentiel pour comprendre la psychologie positive.
Mais faites une pause, car cet article est long, et il est loin d’être terminé 😉
L’épanouissement est l’un des concepts les plus importants en psychologie positive, car il englobe et s’étend à beaucoup d’autres concepts positifs.
En bref, « s’épanouir », ou prospérer, fait référence à l’état dans lequel nous nous trouvons lorsque nous prêtons attention à chaque aspect du modèle PERMA et que nous construisons un solide sentiment de bien-être.
Nous nous épanouissons lorsque nous cultivons nos talents et nos forces, que nous développons des relations profondes et significatives pour nous, que nous éprouvons du plaisir et apportons une contribution au monde qui nous entoure.
Nous nous épanouissons lorsque nous arrivons à trouver de la prospérité dans la vie, et que nous atteignons des objectifs liés au succès que nous recherchons, lorsque nous vivons la « belle vie ».
La psychologue positive Lynn Soots décrit l’épanouissement comme suit :
« L’épanouissement est le produit de la poursuite et de l’engagement d’une vie authentique qui apporte la joie intérieure et le bonheur en atteignant ses objectifs, en étant relié aux passions de la vie et en savourant ses accomplissements dans les hauts et les bas de la vie. »
De plus, Soots insiste sur le fait que l’épanouissement n’est pas un trait, une caractéristique ou quelque chose que l’on possède ou non.
L’épanouissement serait en fait un processus qui exige une action. Et bien que cela ne soit pas forcément facile ou évident, il est tout de même encourageant de constater que finalement, tout le monde est en droit et peut s’épanouir non ?
La théorie du flux
En anglais, cela se traduit par « le flow ». Et ceci est un sujet bien connu en psychologie positive.
Le concept de flux a d’abord été exploré scientifiquement et défini par Mihály Csíkszentmihályi, psychologue hongrois, et un autre père fondateur de la psychologie positive, avec Sligman.
Durant les dernières décennies des années 1900, Csíkszentmihályi a remarqué que de nombreux artistes tombaient dans un état particulier pendant qu’ils travaillaient, cet état était caractérisé par une concentration particulièrement intense, au point de perdre la notion du temps pendant des heures.
Il a continué à approfondir ce sujet et l’avait remarqué dans d’autres conditions et univers.
Comme chez les athlètes professionnels, les musiciens, écrivains et les gens issus de métiers artistiques et créatifs ont souvent déclaré s’être perdus dans leur travail d’une manière similaire.
Au fur et à mesure qu’il recueillait davantage de descriptions de ce phénomène, il a fini par observer six facteurs qui caractérisent cette expérience qu’est le flux :
1-La concentration intense sur le moment.
2-La fusion de l’action et de la conscience, ou comment être pleinement présent dans nos actions.
3-Une perte de conscience de soi (un manque d’attention à soi).
4-Un sentiment de contrôle personnel dans la situation.
5-Un sens déformé du temps qui passe.
6-Vivre l’action ou la situation comme étant gratifiante.
Ceux entrant dans ce sentiment de flux sont totalement immergés dans ce qu’ils font.
Cette immersion survient lorsque les défis de l’activité devant nous sont importants et à peu près égaux à nos compétences dans cette activité.
En effet, quand nous avons un haut niveau de compétence et un faible défi, nous nous ennuyons habituellement.
Et à contrario, lorsque nous avons un défi trop élevé par rapport à nos compétences, nous nous sentons débordés.
Et lorsque nous avons peu de compétences et peu de défis, nous sommes apathiques, nous manquons de motivation et d’énergie.
Ce n’est que lorsque nos compétences et nos défis sont en adéquation et sont élevés, que nous pouvons entrer dans un état de flux.
Entrer dans le flux est intrinsèquement gratifiant, et souvent une expérience agréable.
Le flux semble aussi lié à un plus grand bonheur et bien-être, à une meilleure réussite scolaire -et par la suite, professionnelle- et des relations plus positives et saines.
Si vous le désirez, vous pouvez regarder Csíkszentmihályi donner une conférence sur ce qu’est le flux.
Crédit : Google / Mihály Csíkszentmihályi
Exemple de psychologie positive dans la pratique
Il est bien de parler de théorie, mais dans la pratique, que cela donne-t-il ?
Tout d’abord, les principes et les exercices de la psychologie positive peuvent être appliqués dans différents contextes, y compris en thérapie, en salle de classe, dans votre maison, partout.
Certaines des techniques qui se sont avérées les plus utiles comprennent :
-La pratique de tenir un journal de gratitude.
Un journal de gratitude offre aux individus une méthode d’identification et de réflexion sur toutes les bonnes choses de leur vie-toutes les choses dont ils doivent être reconnaissants. Cette intervention consiste souvent à inciter les gens à écrire deux ou trois choses pour lesquelles ils sont reconnaissants chaque jour, la seule condition étant qu’ils doivent être différents chaque jour. Et en l’espace d’une semaine, de nombreuses personnes ressentent une amélioration de leur bien-être et une augmentation de leur gratitude propre.
-Faire soi-même preuve de gratitude, mais pas de n’importe quelle manière.
Via une lettre en fait, et une écrire une « lettre de gratitude » est un exercice dans lequel une personne identifie quelqu’un à qui elle est reconnaissante, et pourquoi elle l’est. Une fois qu’une personne (ou plusieurs) est en tête, elle peut écrire une lettre pour exprimer et expliquer sa gratitude. Tout simplement. Après, si la personne est suffisamment proche, ou si vous vivez avec elle, vous pouvez évidemment le faire en ayant une conversation, mais parfois, « l’effet papier » touche et apporte encore plus que de « simples » mots énoncés oralement.
-Se concentrer sur le renforcement de ses forces personnelles, plutôt que sur ses faiblesses.
L’une des différences les plus significatives entre de nombreuses autres formes de coaching et de conseil et une autre basée sur la psychologie positive est l’accent mis sur les forces et talent plutôt que les faiblesses. La psychologie positive est basée sur l’idée qu’il est souvent plus efficace de miser sur nos forces pour réussir que d’essayer de forcer l’excellence dans des domaines pour lesquels nous ne sommes tout simplement pas fait. Dans la pratique, cette technique consiste à identifier ses forces (et non pas ses limites, car justement, nous ne voulons pas parler de « faiblesse ») et à travailler pour se donner plus d’occasions de les utiliser.
-La thérapie du bien-être.
Cette approche holistique de la thérapie est semblable à la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), mais elle met l’accent à la fois sur la promotion des aspects positifs et sur l’atténuation des aspects négatifs de la vie de la personne. Elle est fondée sur le modèle de Carol Ryff, qui reconnaît 6 facettes ou facteurs de bien-être :
- La maîtrise de l’environnement,
- La croissance personnelle,
- Le but dans la vie,
- L’autonomie,
- L’acceptation de soi,
- Les relations positives.
-La psychothérapie positive.
Cette thérapie est similaire à la thérapie du bien-être, mais elle regroupe généralement plusieurs techniques et exercices en un seul traitement. L’accent est mis sur la construction d’émotions positives, de forces de caractère et d’un sens de la vie.
12 exercices sont généralement pratiqués dans cette forme de thérapie, y compris des exercices d’utilisation de vos forces propres, de vos talents et de la tenue d’un journal de gratitude. Comme quoi, tout est lié.
Critique du mouvement de la psychologie positive
Bien que la psychologie positive ait maintenant été adoptée par une grande communauté de la psychologie (sans parler de la société dans son ensemble), il y a tout de même quelques critiques communes sur ce mouvement.
Lors de la conférence mondiale de psychologie positive de 2015, certains des plus grands noms de la psychologie positive ont discuté de quelques-unes de ces critiques.
Voici donc une présentation des principales critiques, ainsi qu’une évaluation de leur mérite dans le domaine :
-Les recherches de la psychologie positive sont souvent invalides, exagérés et trompeurs.
-L’accent est trop mis sur l’auto-déclaration et des données « d’enquête transversale », c’est-à-dire sur des données qui concerne le patient, sur sa vie, etc.
Des choses que les médecins peuvent ne pas vérifier, et doivent alors s’en remettre aux « bonnes paroles » du patient, si ce dernier est vraiment fiable dans ses dires.
Cependant, ce genre de situation n’est pas propre à la psychologie positive, ou même à la psychologie en général, mais bien au monde médical : un potentiel malade peut toujours inventer des choses fausses à sont médecin traitant, et « s’inventer » une maladie.
-La psychologie positive a un parti pris culturel et ethnocentrique.
Il est vrai qu’une grande partie de la recherche en psychologie positive a été publiée par des chercheurs, des éditeurs et des revues occidentaux.
Il est également vrai que la psychologie positive s’adresse généralement à un public blanc et de classe moyenne, dans lequel l’injustice, la pauvreté et l’inégalité sont malheureusement balayées sous le tapis.
Cependant, cela semble peut-être un peu trop exagéré. Récemment, d’autres recherches ont été menées (et publiées) par des experts de pays non occidentaux et d’horizons divers.
La création récente de l’Association internationale de psychologie positive (IPPA pour International Positive Psychology Association) est un signe de cette tentative d’élargir la perspective de ce mouvement.
-Le domaine est trop individualiste.
Un autre point qui peut paraître valable, est que la psychologie positive met trop l’accent sur l’individu – les expériences personnelles, les traits et caractéristiques individuels, les processus et phénomènes intrapersonnels.
La psychologie positive semble en effet avoir une focalisation trop étroite sur l’individu et un manque d’attention accordée aux relations, aux équipes, aux groupes, aux organisations ou aux communautés.
Certains soutiennent même que le fait de mettre l’accent sur l’individu amène la psychologie positive à blâmer la victime, par exemple : si vous ne savez comment être heureux, cela serait votre faute.
-La psychologie positive n’est qu’une promotion d’un type de personnalité « Pollyanna », et non une authentique exploration du bien-vivre.
Avant toute chose, qu’est-ce que le « principe de Pollyanna » ?
Également appelé Pollyannaisme ou biais de positivité, il s’agit d’une tendance à se souvenir des éléments plus agréables que ceux qui sont désagréables.
Cette critique est peut-être celle qui mérite le moins de mérite ou de crédit, car en effet, nous avions déjà mentionné qu’il existe dans la psychologie positive, l’étude du côté sombre du bonheur, et de l’optimisme et les avantages d’une pensée pessimiste.
Il peut sembler qu’effectivement à première vue, la psychologie positive est l’étude du perpétuellement heureux, mais si vous creusez plus loin, vous verrez que ce domaine est en fait une riche exploration de tout ce qui rend la vie bonne, et donc par extension, ce que la rend difficile aussi.
Ce qu’il faut retenir
Nous arrivons (enfin) à la fin de cet article, que dis-je ?
Il s’agirait plus d’une dissertation ou d’un dossier !
J’espère que cela vous aura donné une meilleure compréhension de la psychologie positive : ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas, comment elle est arrivée là, et comment compte-t-elle grandir.
La psychologie positive est un domaine qui offre un énorme potentiel pour améliorer la vie des gens et ce, dans le monde entier.
Et si jamais vous vous sentez peut-être réticent à ce mouvement, restez tout de même à l’affût de son évolution : car ce domaine évolue très vite, et change beaucoup, apportant toujours son petit lot de surprise.
Merci d’avoir lu cet article !