Le danger de la vapote est réel et le nombre de personnes touchées ne cesse d’augmenter.
Il s’agira dans cet article, de m’appuyer sur de nombreuses données et études faites aux États-Unis, car dernièrement il y a eu ce que les américains ont appelé la « vaping crisis » – la crise de la vapote-, et il me semblait important de vous en parler, de vous mettre en garde face à la cigarette électronique (et la cigarette en général évidemment) qui n’est pas sans danger comme on essayait de nous le faire croire au début.
Début septembre, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (centers for Disease Control and Prevention ou CDC) ont lancé un avertissement au Grand Public.
Dans ce document, l’organisme gouvernemental demandait aux gens de « considérer de ne pas utiliser les e-cigarettes ».
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a publié un avertissement similaire, exhortant ceux qui utilisent des appareils à vapote à ne pas les acheter « ailleurs que dans des magasins spécialisés » ou à modifier les e-cigarettes ou leurs substances prévues.
Les deux annonces – qui provenaient des deux principales agences nationales de santé – n’étaient pas inattendues ; au cours des deux derniers mois, les médias ont pour ainsi dire « bombardés » d’informations nouvelles sur les derniers effets de la vapote sur la santé.
À l’heure actuelle, 26 décès par suite d’une maladie liée au tabagisme passif ont été confirmés dans 21 États différents, et 1 299 cas de maladies pulmonaires graves associées à la cigarette électronique ont été signalées, toujours aux États-Unis.
Pourquoi ?
Les chercheurs ne le savent toujours pas avec certitude – en grande partie parce que le vapotage est une tendance relativement nouvelle (de 2011 à 2018, le taux de vapote chez les élèves du secondaire américain est passé de 1,5 %, soit 220 000 élèves, à 20,8 %, soit 3,05 millions d’élèves, selon le CDC).
Mais cela ne signifie pas pour autant que les experts sont totalement dans l’ignorance des effets négatifs de la vapote sur la santé.
Crédit : Pixabay / Horwin
De diverses maladies pulmonaires à de rares accidents, voici tout ce que nous savons jusqu’à présent sur les dangers de l’usage de l’e-cigarette :
Tout d’abord, un explicatif sur ce qu’est réellement le vapotage
Toute la terminologie peut paraître assez confuse, mais voici comment elle se décompose : une vapote est un dispositif qui chauffe et « aérosolise » une solution ou un liquide destiné à être inhalé.
Une e-cigarette est un type de vapote qui utilise donc une solution à base de nicotine -mais pas toujours, sans nicotine est possible aussi-.
Bien que les dispositifs de vapote eux-mêmes puissent être nocifs dans certaines situations (nous en reparlerons plus loin), les liquides sont ceux qui posent le plus de problème : « Cette solution se compose de particules associées à la toxicité cardiopulmonaire et au cancer », explique Tamanna Singh, cardiologue à la Cleveland Clinic.
« Le formaldéhyde, par exemple, a été isolé de la vapeur et est un cancérigène connu. » (Le formaldéhyde est un fongicide et un désinfectant industriel et sert à embaumer ou à préserver les corps dans les morgues, selon le National Cancer Institute).
Outre les agents cancérigènes, les liquides utilisés pour la vapote contiennent aussi souvent de la nicotine, qui crée une forte dépendance, selon le National Institute on Drug Abuse.
Cela est addictif car la nicotine déclenche la libération de dopamine, que le cerveau traduit par une « récompense ».
Pourquoi les gens vapotent ?
La réponse est simple : le marketing.
Dans les termes les plus simples, les e-cigarettes aujourd’hui ont été annoncées comme des alternatives saines à la cigarette.
En fait, JUUL -une entreprise fabriquant des cigarettes électroniques- a même récemment reçu un avertissement de la FDA pour avoir enfreint les règlements fédéraux en vendant leurs produits comme étant des options plus saines que les cigarettes sans approbation de la FDA.
Mais cela n’a pas toujours été le cas, dit John Carl, M.D, pneumologue à la Cleveland Clinic.
Il explique que les e-cigarettes ont d’abord été étiquetées comme des dispositifs qui pouvaient vous aider à arrêter de fumer.
Il explique qu’il s’agit de ” dispositifs de désaccoutumance au tabac « et que les personnes qui utilisent des cigarettes électroniques à cette fin en tirent généralement profit, à condition qu’elles soient utilisées conjointement avec des programmes pour vous aider à changer votre comportement. Il y a des avantages potentiels dans le contexte d’un programme rigoureux », dit le Dr Carl.
Mais encore une fois, ces avantages ne s’étendent qu’aux personnes qui essaient d’arrêter de fumer, ce qui tue 480 000 personnes par an, selon les CDC.
Ainsi, bien que le vapotement puisse en fait être moins nocif – le mot-clé étant « moins », donc pas totalement sans danger – il s’agit toujours d’un comportement malsain, mauvais pour la santé.
Le sentiment général du CDC : « Si vous n’avez jamais fumé ou utilisé d’autres produits du tabac ou e-cigarettes, ne commencez pas. »
Comme la cigarette classique en somme.
Quels sont donc les dangers liés à la vapote ?
Comme précisé en début d’article, il y a eu aux USA, une « crise de la vapote » appelée « vaping crisis ».
Selon le Wall Street Journal, la crise de la vapote a commencé au cours de l’été, en juin et juillet, dans un hôpital du Wisconsin, lorsque les médecins ont constaté que six patients, la plupart adolescents, avaient été admis dans un court laps de temps, présentant un essoufflement, une douleur thoracique et une fatigue, mais sans aucun signe d’infection.
Le dénominateur commun était, semble-t-il, la vapote.
Cela a alerté le pays, lancé des enquêtes criminelles contre les fabricants d’appareils de e-cigarette.
Le CDC a même officialisé une maladie officiellement baptisée « pneumopathie associée au vapotage » – ou « e-cigarette, or vaping, product use associated lung injury » ou EVALI.
Le CDC a expliqué en détail les symptômes de cette maladie.
Chez les patients ayant reçu un diagnostic d’EVALI, 95 % des patients ont présenté des symptômes respiratoires, comme la toux, l’essoufflement et des douleurs thoraciques.
D’autres patients ont signalé des symptômes gastro-intestinaux comme des nausées, de la diarrhée et des vomissements, et d’autres encore des frissons, une perte de poids et de la fièvre.
Un rapport du New England Journal of Medicine, publié en septembre, s’est penché plus en profondeur sur ces symptômes de maladie liés à la vapote.
Le rapport a examiné les cas de 53 patients atteints de « maladies respiratoires inexpliquées graves » dans le Wisconsin et l’Illinois.
Tous les patients présentaient des symptômes respiratoires, gastro-intestinaux et constitutionnels – nausées, vomissements, toux, douleurs thoraciques, essoufflement, fièvre et perte de poids – et tous ont déclaré avoir utilisé une cigarette électronique dans les 90 jours précédant le début de leurs symptômes.
Le CDC a noté qu’un pourcentage important de personnes a admis avoir utilisé des produits contenant du THC dans des cigarettes électroniques ou des appareils de vapote avant de tomber malade.
Parmi les 573 patients qui ont fourni des informations sur l’utilisation de leur cigarette électronique, 76 % ont dit avoir utilisé des produits contenant du THC à un moment donné au cours des 90 jours précédant l’apparition des symptômes d’EVALI.
De plus, près du tiers de ces 573 patients ont déclaré n’utiliser uniquement des produits contenant du THC dans leurs appareils.
« Les données disponibles suggèrent que les produits contenant du THC jouent un rôle dans cette épidémie, mais le ou les produits chimiques spécifiques responsables de l’EVALI n’ont pas encore été identifiés, et les produits contenant de la nicotine n’ont pas été exclus comme cause possible », a déclaré le CDC.
La vapote peut aussi endommager les poumons et le système respiratoire d’autres façons
Comme la e-cigarette est encore relativement nouvelle, il n’existe aucune recherche sur ses effets à long terme (comme la façon dont l’usage de la cigarette peut causer le cancer).
Mais, en ce qui concerne les effets à court terme du vapotage, en particulier les maladies liées à l’inhalation de vapeurs, le risque est réel.
« Nous connaissons beaucoup d’effets à court terme [sur les poumons] », explique le Dr Carl, indiquant que la vapote augmente l’inflammation dans les poumons.
« Vapoter peut aussi paralyser les cils. »
Petite parenthèse nécessaire : il ne s’agit pas des cils de vos yeux, mais des cils cellulaires, il existe chez les mammifères deux catégories de cils : les cils primaires et les cils motiles.
Nous n’allons pas forcément rentrer dans le détail et vous faire un exposé dessus chers lecteurs et lectrices, mais sachez que les cils motiles nous permettent d’avoir un mouvement fluide de notre liquide céphalo-rachidien, qu’ils permettent de faire remonter le mucus et permettent enfin le mouvement des Ovocytes.
Ce type de cellule nous permet donc, via le mucus notamment, d’évacuer les impuretés de notre corps, en toussant ou éternuant.
Et comme la nicotine paralyse les cils, ils sont alors rendus incapables de faire leur travail en protégeant les poumons et en évacuant les impuretés, ce qui augmente notre risque d’infection, comme une pneumonie.
Néanmoins, chez les fumeurs, ces cils se remettent à battre durant la nuit et les impuretés remontent alors ensemble à la gorge, provoquant la fameuse toux au réveil des fumeurs.
Selon un article de recherche publié dans le BMJ en 2019, la e-cigarette a également été associée à un « risque accru de respiration sifflante et de symptômes respiratoires connexes ».
Les auteurs du rapport ont analysé les données de près de 30 000 personnes qui fumaient des cigarettes, des vapotes, les deux ou aucun des deux.
Selon les résultats, « par rapport aux non-utilisateurs, les risques de respiration sifflante et les symptômes respiratoires associés étaient significativement plus élevés chez les vapoteurs ».
La e-cigarette peut faire des ravages sur l’ensemble de votre système cardio-vasculaire
La teneur en nicotine des cigarettes électroniques est en grande partie responsable de leurs effets négatifs sur le système cardiovasculaire, en particulier sur le cœur.
« Les effets cardiovasculaires de la nicotine sont bien connus et comprennent une augmentation des événements cardiovasculaires, notamment les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et la mort subite d’origine cardiaque. »
C’est ce qu’explique le Dr Singh.
Elle ajoute que la nicotine cause de l’hypertension artérielle et des anomalies du cholestérol, qui sont liées à une mortalité cardiovasculaires accrues.
Une étude publiée en 2017 dans Nature Reviews Cardiology l’appuie en expliquant :
Jusqu’à présent, la plupart des effets cardiovasculaires [de la cigarette électronique] démontrés chez l’homme sont compatibles avec les effets connus de la nicotine.
S’étendant au-delà du cœur, les e-cigarettes, en particulier les liquides aromatisés, peuvent causer des dommages aux cellules endothéliales de l’organisme.
Il s’agit de cellules qui forment la paroi interne de nos vaisseaux sanguins et qui sont incroyablement importantes pour contrôler la relaxation et la contraction de nos vaisseaux sanguins, ainsi que la coagulation du sang, explique le Dr Singh.
Les cigarettes électroniques peuvent exploser lorsqu’elles sont utilisées
Jusqu’à présent, les liquides des e-cigarettes (et la vapeur qu’elles produisent), ont été largement responsables des problèmes de santé, mais les dispositifs eux-mêmes peuvent causer des dommages, aussi.
En juin 2019, le New England Journal of Medicine a publié un rapport qui raconte l’histoire d’un jeune de 17 ans dont la cigarette électronique a explosé dans sa bouche pendant qu’il l’utilisait.
La mâchoire du patient était fracturée, son menton était perforé et il souffrait de « lacérations importantes », le patient devait aussi se faire refaire la mâchoire.
La FDA a également publié un guide pour éviter l’explosion d’une e-cigarette, recommandant aux gens de garder les piles d’une e-cigarette dans un étui afin qu’elles n’entrent pas en contact avec des objets métalliques.
En outre, la FDA dit que vous ne devriez pas charger votre e-cigarette avec un chargeur qui n’a pas été fait pour, et que vous devriez remplacer les batteries e-cig si elles sont mouillées ou tout simplement endommagées.
Crédit : Pixabay / Sarahjohnson1
La vapote a été associée à des convulsions
Une déclaration de la FDA en avril a révélé que « certaines personnes qui utilisent des e-cigarettes, en particulier les jeunes et les jeunes adultes, font des crises à la suite de leur consommation ».
L’énoncé indique que les crises – dont 35 cas ont été signalés entre 2010 et 2019 – sont des effets secondaires d’un empoisonnement à la nicotine, qui résultent d’une exposition à une trop grande quantité de nicotine.
La dose létale standard de nicotine pour les adultes est de 30 à 60 milligrammes – ce qui se traduit par l’ingestion de cinq cigarettes ou « 10 millilitres d’une solution diluée contenant de la nicotine », selon un examen publié en 2014 dans Archives of Toxicology.
Bien que la recherche sur la vapote et ses effets n’en soit encore qu’à ses débuts, une chose est claire : ce n’est tout simplement pas bon pour vous.
Mais que cela ne vous donne pas raison pour reprendre la cigarette classique non plus, je vous garde à l’œil, et j’essaie de prendre soin de vous.
Merci d’avoir lu cet article.