Il y a quelques semaines, nous avons changé d’heure, il est donc totalement d’actualité d’en faire un sujet pour vous chers lecteurs et lectrices.
Et tout le monde le sait : la fin de l’heure d’été signifie des jours plus courts, moins de soleil, des jours plus sombres et, pour certains malheureusement, un risque accru de dépression saisonnière.
De nombreuses personnes sont sujettes à la dépression saisonnière pendant l’automne et l’hiver, vous pouvez d’ailleurs trouver de plus amples informations sur le sujet en suivant ce lien.
Saviez-vous que la recherche indique que l’heure d’été peut augmenter les symptômes de dépression saisonnière chez certaines personnes ?
Chaque année, le dernier dimanche de mars, les horloges sont réglées 1 heure à l’avance.
Puis pendant le dernier dimanche d’octobre, les aiguilles reviennent d’une heure à l’heure normale. Petite anecdote : aux États-Unis, le changement d’heure s’effectue le deuxième dimanche de mars, et le premier dimanche de novembre.
Pour la petite page historique, c’est l’Allemagne qui est le premier pays à instaurer le changement d’heure en avril 1916, puis le Royaume-Uni un mois plus tard, puis enfin la France en juin.
Les États-Unis, quant à eux, ont adopté le changement d’horaire en 1918.
Mais l’heure avancée fait l’objet d’une controverse.
En effet, certaines personnes prétendent que ce changement réduit la consommation d’énergie et améliore l’économie.
Mais d’autres disent qu’il y a des problèmes potentiels de santé et de sécurité, comme un risque accru de crise cardiaque ou d’accident de la circulation, rien que ça.
Une préoccupation émergente cependant, est ses effets sur les troubles de l’humeur, comme la dépression saisonnière.
Crédit : Shutterstock / Antonio Guillem
Qu’est-ce que la dépression saisonnière ?
Pour rappel, si jamais vous n’avez pas lu notre article traitant sur ce sujet, la dépression saisonnière est un type de trouble de l’humeur qui survient principalement à un moment précis de l’année.
Le plus souvent, les gens souffrent de dépression saisonnière pendant les mois d’automne et d’hiver.
Mais il existe cependant des personnes pouvant souffrir de forme de dépression saisonnière lorsque survient le printemps ou l’été.
Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) est un manuel que les médecins spécialisés dans les soins de la santé mentale utilisent pour diagnostiquer les troubles mentaux comme la dépression saisonnière.
Le nom du DSM-5 pour cette condition est « trouble dépressif majeur avec un schéma saisonnier ». On l’appelle aussi plus communément trouble affectif saisonnier (TAS).
Selon le DSM-5, la dépression saisonnière comprend des symptômes tels que :
– Un sentiment de tristesse ou de dépression,
– La perte d’intérêt pour des choses dont on jouissait auparavant,
– L’envie de manger plus, surtout des glucides,
– Dormir trop,
– Ressentir un manque d’énergie ou sensation de fatigue,
– Avoir un sentiment d’agitation ou au contraire de ralentissement,
– Avoir un sentiment de culpabilité ou d’inutilité,
– Avoir de la difficulté à prendre des décisions ou à se concentrer,
– Penser à la mort ou au suicide.
Les personnes souffrant de dépression saisonnière ont tendance à suivre la même tendance chaque année, se sentant déprimées à l’automne et en hiver (ou au printemps et en été), mais se sentant bien le reste de l’année, c’est un cycle répétitif.
Si vous avez connu cette tendance pendant au moins deux années consécutives, il est alors possible que vous souffriez de dépression saisonnière.
Mais qu’elles en sont les causes ?
Et comment réussir à traiter et lutter contre cette situation pour le moins difficile ?
C’est ce que nous allons essayer de voir ensemble dans les paragraphes suivants.
Quelles sont les causes de la dépression saisonnière ?
Notre corps a une horloge biologique, ou une horloge interne, pouvant aussi être appelée rythme circadien, qui nous fait vivre des périodes quotidiennes de sommeil et d’éveil.
Notre horloge biologique est réglée en fonction de notre exposition au soleil.
Lorsque la lumière entre dans nos yeux, elle envoie un message à notre cerveau pour lui « dire » qu’il est temps de se réveiller.
A contrario, lorsqu’il fait nuit dehors, un signal hormonal est envoyé à notre cerveau pour lui indiquer alors qu’il est temps de dormir.
Durant l’automne et l’hiver, lorsque les journées sont plus courtes, notre horloge biologique peut alors être perturbée en raison d’un manque d’exposition à la lumière du soleil.
Voilà pourquoi cela peut entraîner les symptômes que nous appelons dépression saisonnière.
Mais rassurez-vous, car comme nous l’avons déjà dit, il y a non seulement des solutions à cela, mais tout le monde n’est pas forcément touché par ce type de dépression.
Comment le changement d’heure affecte-t-elle la dépression saisonnière ?
Les personnes qui souffrent de dépression saisonnière sont déjà sujettes aux perturbations de leur horloge biologique.
On pense que les changements d’heure pourraient aggraver la dépression en perturbant encore plus l’horloge biologique.
Les recherches semblent indiquer que c’est effectivement vrai.
Plus précisément, une étude publiée en 2017 a révélé qu’il y a eu une augmentation de 11% des épisodes dépressifs pendant le passage de l’heure d’été à l’heure normale.
Quant à la raison pour laquelle cela se produit, la Dre Jane Timmons-Mitchell, professeure agrégée de psychologie clinique au département de psychiatrie de la Case Western Reserve University School of Medicine, a expliqué :
« On pense que, lorsque le coucher du soleil est précoce, il perturbe certaines de nos fonctions corporelles ».
« Le rythme circadien, ou le cycle de 24 heures qui nous aide à réguler le moment où nous devons dormir, nous lever et manger, est rompu », a-t-elle ajouté.
« Un bon fonctionnement pour la santé et la santé mentale dépend d’une régulation de ce processus.»
Hanne Hoffmann, professeure adjointe en sciences animales à la Michigan State University, a déclaré que les effets néfastes du changement printanier sont « principalement causés par le manque de sommeil causant la fatigue. Le changement de temps entraîne un décalage entre le système de chronométrage de notre corps et les attentes de la société, comme le fait de devoir se rendre au travail une heure plus tôt.»
Quelques conseils pour réduire le risque de dépression saisonnière
Timmons-Mitchell et Hoffmann offrent les quatre conseils suivants pour réduire votre risque de dépression saisonnière.
Commencez le traitement le plus tôt possible
« La luminothérapie peut à la fois traiter et prévenir la dépression saisonnière », dit Hoffmann.
Commencez à l’utiliser avant l’apparition des symptômes.
Si possible, prévoyez de vous rendre dans un endroit plus ensoleillé lorsque vous êtes le plus sujet à la dépression
Timmons-Mitchell note que dans certains pays comme la Norvège, où la dépression saisonnière est courante, les gens se rendent souvent dans des régions plus ensoleillées, comme la Côte d’Azur, pour traiter la dépression saisonnière.
Ce n’est pas forcément une idée facile à pratiquer, surtout si votre travail ne vous le permet pas par exemple, mais il existe encore d’autres solutions.
Sortez et marchez sous le soleil matinal
Hoffmann affirme que faire au moins une promenade d’une heure au soleil peut être une alternative utile à la luminothérapie.
N’hésitez pas à demander de l’aide si vous en avez besoin
« Beaucoup de gens souffrent du TAS, et vous ne devriez pas en avoir honte ou avoir peur d’en parler avec vos amis, votre famille ou à votre médecin traitant », dit M. Hoffmann.
Commencer à en parler à votre entourage est un premier pas vers la guérison, comme souvent dans ce genre de situation.
Quand consulter votre professionnel de la santé ?
Il est normal de se sentir parfois déprimé ou d’avoir un petit coup de blues.
Cependant, si vous vous sentez déprimé pendant des jours et que vous n’arrivez pas à trouver la motivation nécessaire pour faire ce que vous aimez normalement, la clinique Mayo par exemple, vous recommande de consulter votre médecin traitant.
Ceci est particulièrement important si vous remarquez des changements dans votre sommeil ou pendant vos repas, en particulier si vous consommez de l’alcool pour vous réconforter ou si vous avez des pensées suicidaires.
Si ces signaux vous paraissent de plus en plus présents, il faut agir au plus vite.
Les traitements de la dépression saisonnière
Il existe plusieurs options efficaces pour traiter la dépression saisonnière, notamment les médicaments, la psychothérapie et la luminothérapie.
Les médicaments
Selon le National Institute of Mental Health, un type d’antidépresseur appelé inhibiteur sélectif du recaptage de la sérotonine (ISRS) peut être utilisé pour traiter la dépression saisonnière.
Les ISRS comprennent des médicaments comme la fluoxétine (Prozac), la sertraline (Zoloft) et le citalopram (Celexa).
Un autre type de médicament appelé bupropion (Wellbutrin) est également approuvé par la Food and Drug Administration pour traiter la dépression saisonnière.
La psychothérapie
La psychothérapie peut également traiter la dépression saisonnière.
Et en particulier un certain type de psychothérapie appelée thérapie cognitivo-comportementale (TCC) qui peut être très utile.
La TCC consiste à aider les gens à reconnaître leurs pensées négatives et à les remplacer par des pensées plus positives.
Une adaptation spéciale de la TCC appelée CBT-SAD (Cognitive Behavioral Therapy use for Social Anxiety Disorder) ajoute une technique appelée : activation comportementale aux techniques habituelles de TCC.
L’activation comportementale consiste à aider les gens à trouver des activités qu’ils aiment qui les aideront à mieux affronter l’hiver.
Crédit : Pixabay
La luminothérapie
La luminothérapie est une autre méthode qui permet de traiter la dépression saisonnière.
La luminothérapie consiste à s’asseoir devant une boîte lumineuse chaque jour au réveil ou d’autres moments de la journée.
Les boîtes lumineuses émettent une lumière qui imite ce que vous devriez recevoir normalement de la lumière naturelle du soleil. Ceci réinitialisant alors votre horloge biologique et corrige vos symptômes.
La lumière émise par les boîtes lumineuses est très différente de l’éclairage intérieur ordinaire.
Elle est calibrée pour vous fournir l’intensité et la fréquence de lumière nécessaires pour réinitialiser votre horloge biologique.
Les caissons lumineux sont également conçus pour filtrer les rayons ultraviolets nocifs.
Si vous désirez plus de détails concernant la luminothérapie, n’hésitez pas à jeter un œil sur notre article traitant plus précisément de ce sujet.
N’hésitez pas à faire des sorties
Nous pourrions aussi ajouter le fait de sortir.
Effectivement, socialiser avec des amis ou des gens proches comme votre famille, vous changer les idées, parler et vous vider la tête ne pourrait être que bénéfique.
Vous pouvez simplement boire un café quelque part en ville, aller au restaurant ou au cinéma avec votre moitié.
Cela peut permettre d’extérioriser votre anxiété, votre déprime ou votre dépression.
Vous mettrez ainsi vos soucis de côté au moins pendant un temps.
Pour conclure, le changement d’heure peut signifier quelque chose d’important, plus qu’on ne peut le penser en fonction de la sensibilité de chacun, puisque ce changement d’horaire est étroitement lié au changement de saison.
Heureusement pour vous, il existe bien des manières de vous faire aider.
Vous pouvez avoir recours à des médicaments, la luminothérapie ou la psychologie pour vous en sortir ou encore grâce à vos amis ou votre entourage proche.
Prenez soin de vous, et puis, l’automne c’est joli, c’est coloré, et l’hiver, c’est tout blanc !
Il n’y a pas que de la pluie. Il fait juste un petit peu froid et ça, on vous l’accorde.
Merci d’avoir lu cet article.