Ou les 10 principaux problèmes de santé qui touchent les milléniaux.
Avant de commencer à écrire cet article, j’ai dû faire quelque recherche, et notamment concernant le terme de millénial, milléniaux au pluriel.
Je pensais qu’il s’agissait de la génération née dans le début des années 2000, mais en fait pas du tout.
Soit je manque cruellement de culture, soit vous me rassurez en me disant que vous êtes dans le même cas que moi. Mais du coup, je me dois de vous définir ce que ce signifie le terme millénial.
Qu’est-ce que les milléniaux ?
Les milléniaux, aussi appelés les enfants du millénaire, ou génération Y, ou encore génération Internet ou enfin la génération milléniale, désigne généralement les personnes devenues adultes au tournant du XXIe siècle.
Rien n’est vraiment 100% officiel, mais ce qu’il en ressort le plus est qu’il s’agirait alors de la génération née entre 1982 et 2004. Personnellement je suis en plein dedans, et je ne le savais même pas.
Et pour en venir au sujet de l’article, sachez que d’après différentes études menées par des professionnels, la génération X -qui était donc la génération précédente- avait apparemment moins de soucis de santé que la génération Y.
Et d’ailleurs il s’agirait autant de problèmes de santé physiques que mentaux, bien que ces derniers soient peut-être plus présents, comme la dépression, l’hyperactivité, l’anxiété, etc.
Tout cela laisse donc malheureusement sous-entendre que les milléniaux seront en moins bonne santé lorsqu’ils vieilliront, que la génération précédente au même âge. C’est très rassurant. Ou pas.
Selon la Blue Cross Blue Shield Association ou simplement BCBSA, qui est une fédération d 36 organismes et sociétés d’assurance santé américains, les 10 principales affections touchant les milléniaux classées selon leurs effets indésirables sur la santé sont :
- Dépression majeure,
- Troubles liés à la consommation de substances,
- Troubles liés à la consommation d’alcool,
- Hypertension,
- Hyperactivité,
- Troubles psychotiques,
- Maladie de Crohn et colite ulcéreuse (ou RCH pour Rectocolite hémorragique),
- Taux élevé de cholestérol,
- Troubles liés à l’usage du tabac,
- Diabète de type 2.
« Bien que les 10 principales conditions qui touchent les milléniaux ne soient pas nécessairement surprenantes, ce qui est choquant, c’est le taux de prévalence de chacune des conditions chez les milléniaux comparativement aux taux des générations précédentes »,
annonce le Dr. Vincent Nelson, vice-président des affaires médicales pour la BCBSA.
Les personnes faisant partie de la génération Y, âgées de 34 à 36 ans en 2017, étaient en moins bonne santé que les personnes de la génération X au même âge en 2014, une différence de 11% est même à noter.
Pourtant, en 2017, 83% des 55 millions de milléniaux interrogés en 2017 se considéraient comme en bonne santé ou même en excellente santé, malgré l’analyse de la BCBSA qui révèle le contraire.
C’est là ou cela pourrait être dangereux : ne pas sen rendre compte que nous ne sommes pas en bonne santé peut être grave.
« Étant donné que les problèmes de santé des milléniaux augmentent plus tôt que ceux de la génération précédente, nous devons nous attaquer à ces problèmes plus tôt. »
Les problèmes santé mentale frappent plus violemment les milléniaux
Comparativement au reste de la population, les milléniaux sont plus touchés par les problèmes de santé comportementale que les problèmes physiques, les taux de dépression majeure et d’hyperactivité.
Nelson déclare d’ailleurs :
« Bien que nous puissions constater un impact modéré du diagnostic sur toutes les générations pour des problèmes de santé comportementale auparavant stigmatisés, la prévalence des milléniaux augmente plus rapidement que celle des membres de la génération X ».
La dépression majeure, les troubles liés à la toxicomanie et les troubles liés à la consommation d’alcool étant les trois principales conditions pour les milléniaux.
Et selon Deborah Serani, psychologue, professeure à l’université Adelphi et auteure primée pour son ouvrage « Living with Depression », cela ne l’étonne pas.
Elle pense que les circonstances suivantes dans lesquelles les milléniaux ont grandi sont des facteurs contributifs :
1. Les progrès technologiques
Grâce à la technologie, les milléniaux ont été la première génération à grandir sans apprendre à maintenir un contact visuel, à être habilité à mieux décoder les expressions faciales des personnes qui les entourent, ou à approfondir la conscience, les émotions d’eux-mêmes ou des autres.
Ce manque de conscience émotionnelle s’appelle cliniquement alexithymie, et ce souci rend donc la tâche plus ardue pour décoder les pensées ou les sentiments des milléniaux, et pour les milléniaux.
Crédit : TeroVesalainen / Pixabay
2. La surmédiatisation
De plus, selon Serani, l’explosion médiatique et Internet ont créé des cycles qui permettent en toute heure, d’avoir accès à des nouvelles effrayantes, des données sensibles ou des images dramatiques plus facilement, Internet et les réseaux sociaux « banalisant » les images chocs. Les médias sont anxiogènes.
« Les histoires en rapport avec le terrorisme, les catastrophes naturelles, ou de nouveaux types de choses dramatiques qui n’existaient pas, ou étaient moins médiatisés à l’époque sont désormais disponibles 24 heures sur 24 », déclare-t-elle. « Des sentiments d’impuissance, de désespoir et de peur à l’égard de ces événements ont imprégné le monde des milléniaux, soit en étant eux-mêmes témoins de ces histoires, soit par les réactions de peur contagieuses des adultes dans leur cercle social »
3. Plus d’assistance, moins de difficultés
Serani pense qu’apprendre à gagner ou à perdre, à réussir ou subir un échec, a été remplacé par une sorte de « zone de sécurité », d’un « bouton reset » ou d’un bouton « pause ».
Tout le monde reçoit un trophée, une récompense au bout du compte, tout est facilité, il n’y a pas de retraits ni d’abandon, et si jamais quelque chose rate, il y a souvent une manière de recommencer, comme une seconde chance.
Les milléniaux sont finalement plus assistés que la génération précédente.
Et cela entrave la courbe d’apprentissage naturelle de la gestion de l’échec.
Par conséquent, de nombreux milléniaux éprouvent alors des difficultés à tolérer les événements stressants, à se sentir frustrés et à éviter les exigences le plus possible, afin de pas se sentir dépassé.
4. Les parents et leur travail
Comme de plus en plus de parents ont dû commencer à travailler pour répondre aux demandes financières, Serani pense que la génération Y a connu un changement que les générations précédentes n’avaient pas dû connaitre.
« Le fait de ne pas avoir l’aisance au travail que les générations précédentes ont eue, comme des horaires plus flexibles, un travail moins stressant, cela créé alors un monde pour les milléniaux qui leur paraît différent, ou ils se sentent plus isolés, plus stressés et fatigués » dit Serani.
5. Les milléniaux et leur travail
Serani pense que pour la plupart, l’inconvénient est que les milléniaux travaillent désormais plus tard le soir, voire même les week-ends ou durant les vacances.
« Par conséquent, ils ont moins de repos, moins de temps pour eux pour décompresser, faire le vide. Et toutes ces situations augmentent les facteurs de risque physiques et émotionnels ».
De plus, il est a noter que les troubles mentaux, les troubles liés à la toxicomanie et la consommation d’alcool de plus en plus banalisés, commencent à l’adolescence, et touchent davantage de jeunes au fil des ans.
« De nos jours, les milléniaux souffrent d’une foule de facteurs lié au stress, ils peuvent être plus isolés et sont également exposés à une gamme de nouveaux dispositifs qui peuvent créent de nouvelles dépendances ».
C’est ce qu’affirme Jonathan Avery, directeur de la psychiatrie et de la toxicomanie au New-York Presbyterian et Weill Cornell Medicine.
Comment la génération Y peut-elle s’aider par ses propres moyens ?
Une des meilleures choses que les milléniaux peuvent faire pour leur santé, est sûrement de chercher à obtenir des soins préventifs pour qu’ils reçoivent un diagnostic et si nécessaire, un traitement approprié avant que la situation puisse devenir ingérable, voire même mettre leur vie en danger.
Et le BCBSA révèle après une enquête qu’un tiers des milléniaux ne reçoivent pas de soins, un tiers !
Pourquoi ? Car la plupart d’entres eux ne consultent de médecins que lorsqu’ils sont malades, certains n’y allant pas même s’ils le sont, et ne font jamais de check-up régulier, afin de vérifier si tout va bien.
Il est pourtant important et nécessaire d’aller chez le médecin au moins un fois dans l’année, afin de prévenir d’une maladie quelle qu’elle soit.
Ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?
« Les milléniaux ont une incidence non seulement sur leur santé immédiate, mais aussi sur leur santé à long terme en ne cherchant à ne faire aucune prévention. J’encourage d’ailleurs tous les milléniaux à trouver et consulter régulièrement un médecin généraliste s’ils n’en ont pas. Vous ne pouvez jamais prévoir quand est ce que vous aurez besoin de soins. » annonce un membre du BCBSA.
Serani appuie d’ailleurs ces propos, mais ajoute aussi que malheureusement, un grand obstacle se pose sur la route du soin pour les milléniaux : ces personnes étant plus en difficultés à trouver du travail contrairement à la génération précédente, gagne moins de revenus, et donc par extension, n’ont pas ou peu de moyen pour pouvoir s’offrir des séances de psychothérapie.
« Les salaires d’aujourd’hui et d’hier ne sont pas les mêmes, les prix ne sont plus les mêmes, et les conditions non plus. Et cela coûte aujourd’hui plus cher qu’il y a quelques années » dit Serani. « J’encourage tout de même les milléniaux à prendre soin d’eux-mêmes. »
« L’auto-soin est une chose que les milléniaux doivent intégrer et apprendre. Ce n’est pas quelque chose qui se fait automatiquement. Ils doivent mettre l’accent sur l’intégration de compétences d’auto-soin, et cela commence avec une bonne alimentation, de la méditation, un sommeil régulier et équilibré, la pratique d’un sport ou d’un exercice physique, et du sport intellectuel, comme de la lecture par exemple, et essayer de faire ceci sur le long terme ».
Se « débrancher » un peu de la technologie, du travail, des médias, et passer du temps en face à face avec des gens, des amis ou des proches sont aussi une autre forme d’auto-soin.
Avery ajoute aussi que les milléniaux peuvent contribuer à réduire la stigmatisation entourant la maladie mentale en accordant la priorité à leur santé mentale, en étant plus ouverts à la difficultés, à la lutte et en obtenant alors de l’aide s’ils se sentent mal ou stressés.
« Personnes n’est à l’abri des maladies mentales et des troubles liés à la toxicomanie. La génération Y devrait apprendre à reconnaître les signes et symptômes de ces troubles eux-mêmes, pour eux-mêmes et pour leur entourage ».
Crédit : StockSnap / Pixabay
Comment les soins peuvent-ils changer et aider les milléniaux ?
Les membres du BCBSA a déclaré : « Il n’a pas fallu longtemps pour que conclure que le système de santé actuel ne semble pas fonctionner pour les milléniaux qui, au bout du compte, veulent des soins intégrés, plus pratiques, moins agressif. »
Selon le BCBSA, les meilleures manières d’aider la génération actuelle sont :
- Comme les milléniaux sont touchés de façon plus disproportionnée par les problèmes de santé comportementale que la génération précédente, ces derniers préfèrent adopter une approche plus holistique de leur santé, intégrant alors l’esprit et le corps.
- Les milléniaux sont bien plus à l’aise dans des environnements conviviaux, ou qu’ils connaissent, ce qui peut les aider à faire confiance aux personnes qu’ils côtoient, de manière ponctuelle ou non.
- Les milléniaux préfèrent travailler dans des environnements plus sains. Que cela soit en termes d’horaire, d’ambiance, de confort, etc.
En ce qui concerne la dépression, si la plupart considère celle-ci comme étant une maladie grave, la plupart pense aussi que les ressources allouées à la résolution, la guérison de la dépression, sont insuffisantes.
« Il est impératif d’affecter la recherche et les ressources à de nouveaux traitements à mesure que de plus en plus de milléniaux sont diagnostiqués et souffrent de la dépression et d’autres problèmes de santé mentale. » déclare la BCBSA.
Serani remarque que les milléniaux pratiquant la psychothérapie suivent le traitement d’une manière différente que les générations précédentes.
« Ils viennent pour avoir une solution rapide, et ne sont pas intéressés par le long terme, par le chemin qui peut les amener à connaitre la racine de leur problème ».
Il est donc primordial d’améliorer les méthodes de « dépistage » de problèmes selon les médecins.
« Nous devrions dépister tous les patients, en particulier les plus jeunes, afin de détecter les troubles mentaux et les troubles liés à la consommation de substances lors de tous les traitements. » déclare Avery.
Les milléniaux ont donc besoin d’attention, plus que la génération X : tout va plus vite, ils prennent moins le temps de faire le point.
Évidemment la médecine peut agir, mais des efforts doivent aussi être effectués du côté de la génération Y.
À commencer par trouver un bon rythme de vie, une bonne alimentation, et faire preuve d’une ouverture aux autres.
Prenez donc soin de vous si vous faites partie de cette génération .
Merci d’avoir lu cet article.